into-the-wild-afficheA peine sorti de l'université, Christopher McCandless abandonne le brillant avenir auquel il est promis et se lance sur les routes. Pendant deux ans, il va errer dans les immensités naturelles des Etats Unis et créer des liens avec des personnalités différentes et va finir par s'installer en Alaska pour enfin communier avec la nature.

Autant le dire tout de suite, j'avais un a priori négatif sur le film avant de le voir. Comme j'aime savoir ce que je dis; je l'ai quand même regardé pour en parler en connaissance de cause.

Le parcours initiatique de ce jeune homme nous permet d'admirer de magnifiques paysages et d'apprécier la compagnie des personnages hors normes qu'il rencontre au gré de ses pérégrinations. Le film est bien construit mais d'une lenteur infinie. L'histoire du pauvre Christopher est étirée sur 2h20, on s'ennuie beaucoup, et son calvaire final devient un supplice pour le spectateur (qui connaît déjà la fin tragique du jeune homme.)

Ce qui me dérange dans ce film, ce sont les principes de Christopher McCandless, dit Alexander Supertramp. Je ne vois pas la noblesse de ses principes, je ne vois qu'un crétin égoïste qui poursuit une utopie. En un sens, c'est un lâche et je ne comprends pas l'admiration qu'on lui témoigne. Je peux concevoir le besoin de rejeter une société consommatrice et de vouloir communier avec la nature; c'est le rêve, même fugace, de tout être humain. Cependant, l'aventure de Christopher me paraît incomplète et illogique. Ce qu'il trouve n'est pas la communion mais l'isolement. De plus, il ne doit sa brève survie qu'à des produits de consommation comme une camionnette ou un fusil. Ma vision va sans doute paraître simpliste mais pour moi, communier avec la nature, c'est vivre comme les Amérindiens.

Christopher me fait penser à Frédéric Moreau dans L'Education Sentimentale de Flaubert. Ce n'est que lorsqu'ils arrivent à la fin de leur existence qu'ils se rendent plus ou moins compte qu'ils ont raté leur vie. Into The Wild n'est pas à prendre au premier degré; il ne fait pas l'apologie du rejet du matérialisme. Il retrace le parcours d'un garçon qui s'est trompé, et malheureusement pour lui, il en est mort; c'est ce qui rend l'histoire tragique. Une des dernières phrases qu'il écrit est que le bonheur n'est réel que s'il est partagé; chose qu'il n'a bien entendu pas faite. C'est ça le véritable message du film, et pas la philosophie de comptoir des trois quarts du film qui nous enjoint à aller crever de faim dans la nature.

Pour finir sur une note positive, je dois avouer que la musique était pas mal et que le casting tenait ses promesses (sauf Kristen Stewart qui doit bien être la pire actrice de ma génération.) Emile Hirsch est assez bluffant et sans lui, je pense que le résultat aurait été bien pire.