20142694_jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120619_104619Après une enfance difficile, Jane Eyre, tout juste sortie du pensionnat pour jeunes filles de Lowood, devient la gouvernante d'Adèle, pupille de l'ombrageux propriétaire de Thornfield Hall, Edward Rochester.

Adapter un des plus grands classiques de la littérature britannique n'est pas chose facile et Cary Fukunaga s'en sort plutôt bien, malgré quelques maladresses et longueurs.

Le film commence par la fin du roman, lorsque Jane trouve refuge chez Saint John et ses soeurs, et le début du roman est relaté sous forme de flashbacks. Ce mode de narration ajoute un peu de modernité à l'histoire qui a déjà été reprise une bonne dizaine de fois. Je suis moins convaincue par l'importance donnée aux différentes parties de la vie de Jane Eyre. Dans mon souvenir, son séjour à Lowood n'est pas anecdotique et Fukunaga ne donne pas assez d'importance à l'influence des huit années qu'elle y passe. Du coup, le film est déséquilibré et l'histoire entre Rochester et Jane plombe parfois l'action car elle est étirée sur les trois quarts du film. L'amour qui lie Edward Rochester et Jane Eyre est très fort mais aussi très pudique, et dans le film, je les ai trouvés un peu trop romanesques et modernes. Et là où j'attendais un peu de romanesque, à la fin, je n'en ai pas eu! L'incendie est raconté par Mrs Fairfax et j'attendais une transposition de l'action où le spectateur aurait pu voir toute l'étendue de la folie de Bertha et le courage de Rochester.

Jane Eyre est un roman gothique et le film baigne dans une ambiance étrange et inquiétante que j'ai beaucoup aimée. Thornfield Hall est à la fois splendide et lugubre. De jour, c'est une magnifique demeure, de nuit c'est un château effrayant. Les paysages anglais sont, comme toujours, époustouflants. Les acteurs sont très biens choisis. Il ne faut pas oublier que Jane Eyre est quelconque et Mia Wasikowska est parfaite: elle est terne et fade (c'est à dire qu'elle incarne parfaitement son personnage, je ne critique pas son jeu). Face à elle, Michael Fassbender est encore meilleur. Il est à la fois ténébreux, ombrageux, égoïste et passionné. A lui seul, il fait vivre une bonne partie du film. Sans oublier qu'autour d'eux gravitent les excellents Judi Dench et Jamie Bell.

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Dans l'ensemble, le Jane Eyre de Fukunaga est donc honorable mais perfectible. J'ai trouvé la fin un peu baclée et très américaine: Rochester manchot et aveugle dans le roman, devient juste aveugle (sans doute parce que c'est moins repoussant), Jane et Edward se retrouvent dans le soleil couchant pour un baiser passionné... Très hollywodien tout ça.

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 Pour moi, la meilleure adaptation du roman, tous supports confondus, est celle faite pour la Bibliothèque de l'aventure, collection audio qui s'adresse aux enfants mais qui est vraiment très bien faite et qui fait vraiment découvrir la littérature (par exemple, c'est la première et dernière fois que j'y ai entendu parler de Silas Marner de George Eliot)