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L'histoire: Oishi est un ronin, un samourai sans maître, depuis que son Seigneur, victime d'un complot, a été condamné à se faire seppuku. Laissé dans un trou pendant un an, il n'a pas perdu la volonté de venger son honneur. Il réunit d'autres samourais et Kai, un sang-mêlé autrefois rejeté pour faire tomber Kira, l'homme qui a trahi son Seigneur, sans savoir que son histoire va devenir un des mythes du Japon. 

Japon, samourais, Keanu Reeves... Il n'en fallait pas plus pour me tenter. Je dois avouer que les premières images m'ont un peu déroutée. Je m'attendais à un univers traditionnel et je me retrouve à regarder une créature tout droit sortie de Princesse Mononoké prise en chasse par des samourais. Et après un moment de scepticisme, l'utilisation du fantastique m'est apparue comme acceptable puisque les fantômes et les monstres font partie intégrante des mythes japonais. J'avais une autre réserve quand j'ai vu qu'il y avait un occidental perdu parmi les asiatiques dans le casting ; c'est que l'histoire passée à la moulinette hollywoodienne ne le présente comme le unique héros de l'histoire, tel Tom Cruise dans Le Dernier Samourai - qui est bizarrement le seul à survivre à une charge épique mais suicidaire, comme pour montrer qu'être américain, c'est aussi être à l'épreuve des balles. Enfin bref, ce n'est pas du tout le cas dans 47 Ronin. Keanu Reeves est certes un atout parce qu'il est l'acteur le plus connu du casting mais ce n'est pas pour autant que son personnage est particulièrement mis en avant.

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Ma référence à Hayao Miyasaki n'est pas totalement innocente car la mise en scène des créatures fantastiques comme la bête du début ou l'esthétique qui entoure la sorcière m'a beaucoup fait penser à une version filmée de ses dessins animés, dont Mononoké. D'ailleurs, Carl Erik Rinsch semble s'être grandement inspiré du cinéma asiatique, notamment chinois, pour l'esthétique du film (petit aparté, mais je vous recommande La Cité Interdite qui est visuellement magnifique). On retrouve, malgré une violence sous-jacente, une espèce de sérénité dans l'image grâce à une reconstitution minutieuse d'un palais japonais et à des paysages superbes. J'admire également le soin apporté au choix des costumes, notamment les kimonos vraiment splendides de Mika et de la sorcière. Sans parler des armures des Samourais, parfois un peu modernisées mais tout de même crédibles et très belles. 

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Il paraît que le film a fait un bide à sa sortie au Japon malgré la présence d'acteurs nippons incontournables. 47 Ronin amène un sujet qui fait partie intégrante de l'histoire japonaise mais lui offre un traitement très occidental et peut-être que le public asiatique n'y retrouve pas ses valeurs. C'est dommage parce que tous les protagonistes sont parfaitement interprétés, que ce soit Kai, Oishi, Kira ou Mika. Malgré la situation désespérée des personnages qui sont tous assurés d'une mort certaine, il n'y a pas de pathos exacerbé ni de scènes larmoyantes qui ont le don de m'horripiler. L'émotion est justement dosée pour rendre certaines scènes poétiques sans être ennuyeuses. Il y a quand même un personnage qui n'échappe pas aux clichés: celui de la sorcière. Qui dit sorcière dit vieille peau sadique ou bombasse sadique. Ici, ce sera la deuxième option. Elle passe donc son temps à moitié nue ou dans des positions lascives tout à fait suggestives et peu pertinentes. A noter aussi la présence du chanteur de J Pop Akanishi Jin dans le rôle de Chikara. 

Il est vrai que l'histoire n'a rien d'inédit ou de surprenant mais le film est bien mené et les scènes de combat sont bien faites. Pas de fausse note donc, et j'ai beaucoup apprécié (et pas seulement parce qu'il y a Keanu Reeves).