2014_02_27_JM_GrandBudapest

L'histoire: Un écrivain en mal d'inspiration séjourne au Budapest Grand Hotel où il fait la rencontre d'un homme qui va lui raconter les heures de gloire de l'établissement à travers le curieux personnage de Gustave H et de son acolyte Zero Moustafa, un lobby boy. L'homme aux clefs d'or officiait au Grand Budapest pendant l'entre-deux guerres et s'employait à séduire les clientes les plus âgées de l'hotel. 

Tout d'abord, ne pas confondre Wes Anderson, à qui on doit des films comme A Bord du Darjeeling Limited, et W.S Anderson, qui a commis Pompéi et bien d'autres mauvais films du même acabit. 

Je ne suis pas une admiratrice absolue de Wes Anderson, je ne suis même pas allée au bout de La Famille Tenenbaum, mais une chose est sure, c'est un réalisateur dont l'originalité permet au spectateur blasé d'être agréablement surpris par son univers complètement kitsch et loufoque. Cela commence par des décors surchargés que l'on dirait sortis tout droit d'un théâtre. Le Budapest Hotel des années 60 déborde de formica et de papiers peints marron orangés horribles tandis que celui des années 40 est une véritable bonbonnière à base de couleurs pastel qui déborde de luxe. ça brille, ça pétille, une vraie sucrerie délicieusement rétro avec des décors en carton totalement assumés. C'est dans cet univers qu'évolue Gustave H. Cet employé déploie des trésors de séduction pour charmer de vieilles dames riches et il a la prestance un peu désuette d'un gentleman du XIXème siècle. Il s'exprime avec éloquence, parfois en vers, il a beaucoup de classe tout en étant légèrement démodé. L'histoire commence quand il prend sous son aile Zero, un lobby boy. Ensemble, ils vont voler un tableau de valeur, organiser une évasion, poursuivre un traître et échapper à un tueur; ce qui permet d'enchaîner à un rythme soutenu des scènes cocasses, drôles et incongrues. La poursuite à ski est magnifique!

The-Grand-Budapest-Hotel-tilda-swinton-ralph-fiennes

Le casting est exceptionnel. Tilda Swinton, Adrien Brody, Ralph Fiennes, Bill Murray, Mathieu Amalric, Jude Law, Willem Dafoe, Edward Norton, Owen Wilson, Harvey Keitel, Jeff Goldblum, et j'en passe. Malgré le talent de tous les acteurs cités, je ne suis pas convaincue que leur présence soit une valeur ajoutée au film. Parce que les deux personnages principaux possèdent suffisamment de qualités et de richesses à exploiter pour ne pas faire intervenir les autres. Ralph Fiennes aurait fait le succès du film même s'il était le seul acteur connu. Il excelle dans le rôle de Gustave H. et la profusion d'autres personnages, dont les apparitions sont parfois aussi furtives qu'inutiles, nuit à la profondeur des personnages principaux. J'avoue que je ne me suis pas attachée à Gustave ou à Zero parce que leur psychologie est à peine effleurée, on dirait presque des mannequins que l'on anime sans passion.

maxresdefault

C'est un film plein de poésie et de finesse, qui fait plus sourire que rire (et puis les passages les plus drôles sont dans la bande annonce, donc il n'y a pas vraiment d'effet de surprise) et dont le propos léger du premier plan cache la réalité plus cruelle de la Seconde Guerre mondiale. Il n'est pas difficile de comprendre que les ZZ sont en réalité les SS. 

Malgré quelques petits dégauts comme des monologues un peu trop longs de Gustave ou la trop grande quantité de personnages inutiles, c'est un film suprenant et agréable à voir parce qu'il ne ressemble à rien de ce qu'on a déjà vu.