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L'histoire: Arthur Kipps, jeune clerc de notaire, doit se rendre à Crythin Gifford, un petit village côtier pour trier les papiers d'une défunte. Son arrivée déclenche l'hostilité des habitants qui semblent protéger un terrible secret. Il est ensuite témoin de phénomènes étranges et de morts mystérieuses qui marquent le début d'un interminable cauchemar.

Je voulais voir ce film depuis un moment pour trois raisons: c'est un film anglais, ça se passe au début du XXème siècle et c'est un des premiers rôles de Daniel Radcliffe post Harry Potter, si je me souviens bien. Je n'avais pas d'attentes particulières, je n'ai donc pas pu être déçue. Au contraire.

Je n'ai jamais été une grande amatrice de films d'horreur et/ou de fantômes. Je ne suis pas non plus un très bon public pour ce genre puisque ça ne me fait pas beaucoup réagir. Devant La Dame en noir, je ne cherchais pas le frisson mais le détail qui démarque ce film des autres. Et je l'ai trouvé dans l'atmosphère un peu fantasmagorique. Je n'ai quasiment jamais mis les pieds en Angleterre et pourtant, j'adore l'ambiance qui se dégage de la campagne anglaise, qui convient tout autant aux aventures romantiques austeniennes qu'aux fantômes. L'intrigue de La Dame en noir se tient principalement dans un manoir hanté - qui n'est pas sans rappeler celui des Autres d'Amenabar - et dans le village tout à fait typique de Crythin Gifford. Ces décors sont à la fois très réalistes et complètement oniriques. Le manoir coupé du monde par la marée, les grilles bancales, les tombes enfouies dans le jardin, la vieille demeure lugubre,... Tout est réussi! Et bon, vous commencez à me connaître, dès qu'il y a un changement d'époque et un costume trois pièces, je suis conquise. Le port du gilet devrait devenir obligatoire...

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En ce qui concerne les fantômes, James Watkins utilise les mêmes ficelles que nombre de réalisateurs avant lui. Il n'y a vraiment aucune originalité dans le traitement des apparitions. J'apprécie que la fameuse dame soit suggérée plutôt que montrée. D'une part parce que ce que l'on ne voit pas est plus effrayant que ce que l'on voit. D'autre part parce que les faces des fantômes du cinéma me font souvent rire, malgré la qualité du maquillage (et je ne pense pas que ce soit le but). Ce qui est plutôt intelligent, c'est que la peur n'est pas non plus rattachée à un lieu. Certes, le manoir est hanté mais l'horreur s'accroche aussi aux habitants du village et une chambre d'enfants bien rangée peut aussi faire frissonner d'angoisse. 

Et puis il y a Daniel Radcliffe! Autant je le déteste dans Harry Potter (ou plus exactement, je déteste le personnage d'Harry Potter et par extension son interprète), autant je l'adore dans tout ce qu'il a fait d'autre. Malgré ce que ses détracteurs essaient de nous faire penser, c'est un excellent acteur. La seule chose qui me chiffonne dans ce film, c'est que son âge ne correspond pas à celui du personnage. Arthur Kipps est un jeune veuf père d'un enfant de quatre ans. Daniel ayant deux mois de moins que moi, il avait 22-23 ans au moment du tournage ; ce que je trouve un peu jeune pour être crédible. Cela dit, sa prestation est irréprochable et je regrette de ne pas avoir pu voir ce film en VO (parce que je suis aussi fan de son accent). Arthur pourrait être un homme pénible et larmoyant, vaincu par la mort de sa femme, mais cette partie de lui est justement dosée pour ne pas être trop envahissante. Au final, il se révèle être courageux, ce qui n'est déjà pas si mal. Autre bonne surprise, la présence de Janet McTeer, dans un petit rôle certes, mais qui ne manque pas d'impressionner.

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La fin n'est pas tout à fait inattendue mais ne manque pas de soulever des questions. Deux interprétations sont possibles. Pour une fois, j'ai choisi la version optimiste! En bref, ce n'est pas transcendant mais j'aime beaucoup l'ambiance. Et Daniel Radcliffe!