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L'histoire: Sous le règne de Vlad Tepes, prince de Valachie, la Transylvanie vit dans une paix relative avec les Turcs. Fatigué par le sang qu'il a versé avec les Janissaires, Vlad aspire à une vie tranquille et pour cela, il verse régulièrement un tribut au sultan Mehmet. Le jour où le prince turc exige mille jeunes hommes en plus de l'argent qu'il prend à Vlad, le prince refuse et déclenche une guerre sans merci. Sachant que son armée n'est pas de taille face à celle de Mehmet, il conclue un pacte avec un démon qui vit dans une grotte obscure.

J'aime beaucoup les histoires de vampires (quand elles ne s'apparentent pas à Twilight, bien entendu) parce que c'est un mythe inépuisable et qui soulève des questions existentielles intéressantes, quand elles sont bien traitées. Ce qui est le cas dans Entretien avec un vampire, par exemple. La proposition de Dracula Untold est alléchante : revenir aux origines du mythe, c'est à dire à l'empaleur qui a inspiré Bram Stoker pour son roman. Untold... Ce mot est porteur de merveilleuses promesses. Cela veut dire que le film propose un portrait inédit de Dracula. Ou en tout cas, voudrait proposer. Parce que je n'ai rien vu d'inédit, de surprenant, ou de "untold".

Pourtant, le film débute bien avec une plongée dans une Transylvanie un peu fantasmée. On voyage dans des montagnes escarpées couvertes de forêts touffues et le château de Vlad a des faux airs de Poudlard. Le design des costumes est très beau, surtout du côté turc. La lumière un peu bleutée et l'univers gothique rappellent les heures fastes d'Underworld. Bref, le package est réussi et très alléchant. Dommage qu'il n'en soit pas de même pour l'histoire bourrée de clichés. Tout le monde connaît, même vaguement, le mythe de Dracula. Tout le monde sait donc déjà comment l'histoire se termine. Encore une fois, j'ai naïvement cru que le but de Dracula Untold était de surprendre le spectateur, en abordant des traits de caractère inattendus chez Vlad par exemple. Il faut que j'arrête de penser quand je regarde un film, sous peine d'être immanquablement déçue.

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La vision "Shorienne" de Vlad Tepes est celle d'un homme marqué physiquement et psychologiquement par les années qu'il a passées en tant qu'otage des Turcs. Sa liberté retrouvée, il a fondé une famille qu'il chérit tout particulièrement et il est prêt à mettre son royaume en péril pour la protéger. Loin de l'image sanguinaire forgée par la légende, Vlad est donc un homme prudent et pacifique. Un peu barbant même. Jusqu'à sa transformation en vampire où il devient absolument déraisonnable et monstrueux. La nuance, Shore ne connaît pas. Il pousse le vice plus loin en incorporant un amour niais au possible entre Dracula et sa femme, qui n'échangent que des mièvreries chaque fois qu'ils se parlent. Au lieu d'être une femme forte, la princesse est une nunuche pour laquelle il est difficile d'éprouver la moindre sympathie. La scène de sa mort est d'une folle originalité, jusqu'au cri de souffrance déchirant que pousse Vlad, faisant écho à celui non moins ridicule de Van Helsing/ Hugh Jackman ou encore Wolverine/Hugh Jackman. Et s'il n'y avait que ces deux personnages... Du sultan Mehmet à ses Janissaires sadiques, du moine aux guerriers transylvaniens, tout est cliché. Leurs personnalités sont inexistantes et ils n'ont été créés que pour mourir à un moment ou à un autre.

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Heureusement, il existe tout de même quelques points positifs, à commencer par les scènes de bataille soignées, violentes et réussies. Vlad ne fait pas dans la dentelle et c'est jouissif de le voir affronter une armée turque tout seul. D'ailleurs, le traitement du statut de vampire de Vlad est l'une des seules choses qui n'est pas ratée. L'élément central du film est la lutte menée par Dracula pour sauver son fils de Mehmet et sa transformation en vampire n'est qu'un outil pour parvenir à ses fins. Et même si les vampires créés par Vlad sont des êtres primaires, la créature qu'il est devenu reste assez noble. Pas de boule disco à la Edward Cullen, ni de carnage excessif, toutes canines dehors.

Niveau casting, Luke Evans n'a rien d'exceptionnel, à part peut-être ses abdominaux. J'ai eu le plaisir de retrouver Dominic Cooper en "méchant" de l'histoire. Mehmet n'a rien d'un affreux personnage, ses revendications sont parfaitement sensées si l'on considère ses ambitions territoriales, et il ne devient odieux que pour le combat final contre Vlad. En tout cas, Cooper s'en sort encore une fois avec les honneurs dans une superproduction hollywoodienne.

Je ne demande pas quelque chose de philosophico-chiant mais il me semble que le scénario d'un film d'action ne devrait pas être négligé sous prétexte que c'est un film d'action. On peut montrer des tripes et du sang à l'écran tout en ayant un propos un minimum intelligent et original (j'ai l'impression de ne dire que ça ces derniers temps, et je m'excuse pour ce radotage)