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L'histoire : Après s'être fait plaquer par sa petite amie, Ted décide d'en finir avec la vie. Mais avant ça, il s'impose un voyage dans sa ville natale pour dire le fond de sa pensée à ceux qui, selon lui, sont à l'origine de ses malheurs. Pour l'occasion, son grand frère Lucky accepte de l'héberger, pour le meilleur et pour le pire.

Il me semble que c'est la première expérience de Courteney Cox derrière la caméra et je dois dire que je suis très agréablement surprise. A première vue, le sujet de Just Before I go ne prête pas particulièrement à rire et pourrait même tomber facilement dans le pathétique mais la réalisatrice évite cet écueil en alternant des scènes drôles et d'autres plus touchantes sans tomber dans des excès faciles. Donc il y a juste ce qu'il faut de vulgarité pour pimenter le film, une légère dose de bons sentiments vers la fin et c'est tout.

J'ai trouvé le sujet du film très intéressant, surtout qu'il n'est jamais présenté de façon glauque et morbide. Ted veut mourir, certes, mais il n'est pas vraiment dépressif. Il veut juste tourner une page et pour cela, il a besoin de revoir la maîtresse qui le martyrisait à l'école ou le gamin dont il était le souffre-douleur. Il n'est même pas vindicatif, il désire seulement faire preuve de franchise avant de partir. Ce qui l'amène à mieux connaître et comprendre ceux qui l'ont maltraité. Son retour aux sources lui permet aussi de nouer des liens plus étroits avec sa famille et de se rendre compte que le manque de communication est en train de la détruire à petit feu. Et même s'il ne veut pas se mêler de ce qui ne le regarde pas, Ted va ouvrir les yeux de ses proches sur ce qui déraille.

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Toute une galerie de personnages gravite dans le film et je les ai tous trouvés bien écrits. Bien que certains traits de caractères soient grossis, il n'y a pas trop de caricatures, sauf quelques personnages secondaires comme la policière qui remonte trop son pantalon. Bon, d'accord, Lucky est le stéréotype du flic macho et un peu bêta mais ça le rend assez drôle. Quant à Ted, il reste très sympathique malgré ses idées noires qui pourraient le rendre sentimental et pénible. Plus que sympathique, il est émouvant parce qu'il est lucide (notamment à propos de la décision qu'il a prise) et parce qu'il ne s'appitoie pas sur son sort. Comme il l'avoue à Greta, la petite fille de son enseignante tyrannique, il trouve plus de raisons de mourir que de vivre, c'est tout. Le choix de l'interprète de Ted peut étonner car on connaît Sean William Scott pour ses rôles comiques, notamment Stifler dans American Pie. Mon avis est peut-être biaisé parce que je l'apprécie beaucoup mais je l'ai trouvé plutôt bon dans l'exercice et j'espère que ce personnage un peu dramatique va lui permettre d'orienter sa carrière dans une nouvelle direction. Il est très bien entouré par un casting d'acteurs dont les visages, plus que les noms, nous sont familiers comme Kate Walsh en mère de famille frustrée, Rob Riggle en ancienne brute devenue papa poule ou Kyle Gallner en adolescent mal dans sa peau.

Ce coup d'essai n'est peut-être pas un coup de maître pour Courteney Cox mais c'est tout de même une jolie réussite. J'ai beaucoup aimé cette histoire, les personnages ordinaires et barrés à la fois, l'atmosphère douce amère qui se dégage du film et l'intelligence avec laquelle est traité le suicide. A l'image de Greta, le spectateur soutient Ted dans son entreprise et le regarde avec intérêt faire sa tournée d'adieux (qui ne devient jamais larmoyante, il faut le souligner). En tout cas, Just before I go m'a fait l'effet d'un feel good movie et je l'achèterai en DVD parce que j'ai bien envie de le revoir.