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L'histoire: Le jour de son anniversaire, India Stoker perd son père dans un terrible accident de voiture. Le jour des funérailles, elle découvre l'existence de Charlie, son oncle, qui propose de rester quelques jours dans la maison. India perçoit le monde différemment des autres personnes et sait, sans savoir pourquoi, qu'elle doit fuir cet oncle si séduisant.

J'ai beaucoup aimé ce film, sans pour autant y adhérer totalement. Park Chan Wook parvient à créer une de ces atmosphères bizarres et délétères dont il est coutumier mais son parti pris esthétique se fait parfois au détriment de l'intérêt du spectateur. C’est très beau, c’est indéniable, mais c’est aussi un peu chiant.

L'histoire se construit autour d'India, une jeune fille étrange qui parle peu mais écoute beaucoup. D'ailleurs, son ouïe hyper développée lui permet d'entendre des sons infimes comme le pas d'une araignée ou des bribes de secrets que l'on se chuchote. Quant à son regard, il voit au-delà des apparences. Mais il n'y a rien de magique derrière tout cela. C'est un personnage paradoxal, à la fois passionnant et ennuyeux. India, incarnée par une Mia Wasikowska aussi figée qu'une poupée de porcelaine, est froide et distante, perdue dans un monde que même le spectateur a des difficultés à cerner. A cause de cette attitude, elle est en conflit permanent avec sa mère, la superbe Nicole Kidman qui nous offre une fois de plus une prestation correcte dans un rôle qu’on lui connaît par cœur : celui d’une femme belle et sophistiquée dont un odieux personnage exploite la fragilité avec délectation (cf Les Autres ou Avant d’aller dormir).

stoker

De toute façon, toute l’intrigue tourne autour de quelqu’un d’autre… Cet oncle vénéneux dont on ne sait rien. Il se présente comme un grand voyageur, ses manières sont impeccables, il est charmant… Personne ne lui résiste, de la veuve éplorée à la nièce suspicieuse, alors qu’elles sont conscientes que quelque chose ne tourne pas rond chez lui. C’est peut-être même sa monstruosité supposée qui le rend si séduisant. Matthew Goode est parfait, à croire que le rôle a été écrit pour lui. Son élégance un peu rétro s’allie parfaitement avec le flegme dont il use lorsqu’il commet un crime.

Interview-Matthew-Goode-Talks-About-His-Role-in-Stoker

Pour le reste, l’intrigue est intéressante mais loin d’être révolutionnaire et la chute n’est pas vraiment surprenante. Comme je le disais plus haut, Park Chan Wook s’est davantage appliqué sur l’ambiance délicate mais cruelle dans laquelle il fait baigner son film, même s'il n'abandonne pas les thèmes qui lui sont chers, notamment celui de la vengeance. Si parfois, son parti pris ne m’a pas touchée, il y a une scène que je trouve particulièrement réussie (et que vous pouvez regarder sans craindre les spoilers) :