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L’histoire : Après une intervention ratée dans laquelle son coéquipier meurt et son meilleur ami reste paralysé, Karl … doit quitter la brigade criminelle pour le département V, nouvelle cellule de la police chargée de classer d’anciens dossiers.
Miséricorde : Carl, secondé par Assad, décide d’enquêter sur le suicide de Merete, une jeune femme politique.
Profanation : Carl repousse un ancien policier qui lui demande d’enquêter sur le meurtre de ses enfants, survenu vingt ans plus tôt mais se ravise lorsque le père en deuil s’ouvre les veines pour se faire entendre.

Les polars venus du Nord ont de plus en plus la côte, il n’est donc pas étonnant qu’on les adapte sur le grand écran. Depuis leur popularisation grâce à Millenium, on apprécie ces histoires sordides et sombres qui font froid dans le dos et Les Enquêtes du département V n’échappent pas à la règle. Quatre films, adaptés des romans de Jussi Adler-Olsen, sont prévus au total, mais pour le moment, je ne peux que parler des deux premiers. Je vais rester très générale pour ne pas gâcher le plaisir de ceux qui ne les ont pas encore vus car toute divulgation d’informations importantes gâcherait le visionnage des deux films.

Je suis très friande de ce genre d’histoires, que ce soit au cinéma ou en littérature. Mais dans le domaine du polar, il y a des clichés qui deviennent vite agaçants et Les Enquêtes du département V tape en plein dedans en ce qui concerne les personnages. Carl est un policier qui ne vit que pour son métier ; il est divorcé, il ne dort pas beaucoup, ne rentre pas souvent chez lui, se saoule quand il est contrarié et se trimballe avec un imper gris. L’image grisâtre du film le rend terne et la mine chiffonnée de l’acteur accentue son aspect de loser. Quelle originalité… Bien sûr, il est flanqué d’un acolyte plus jeune qu’il ne peut pas sentir (au début) et qui est plus là pour tempérer ses ardeurs (parce que le flic gris est parfois violent et un peu borné, voire con) que pour faire fonctionner ses méninges.

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Passé cet écueil, on peut apprécier des histoires bien construites et passionnantes quoique franchement glauques. Elles ne brillent pas par leur originalité mais l’univers cruel et violent présenté dans chaque film les rendent plus consistantes. Les différents protagonistes (outre les enquêteurs) sont bien construits et des flashbacks permettent de mieux cerner la personnalité de ceux qui ont pris part, en tant que coupable ou victime, aux affaires à résoudre. 

Ma préférence va au film Miséricorde, dans lequel l’énigme n’est résolue que dans les dernières minutes. Et la relation entre Merete et son frère handicapé est assez touchante. Pour autant, Profanation ne manque pas d’intérêt en mettant en scène la noirceur de l’âme de certains gosses de riches mais il est plus difficile d’éprouver de la sympathie pour eux, et les victimes sont ignorées par les analepses.

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Niveau casting, tous les acteurs m’ont paru très crédibles. L’avantage des films européens est de mettre en scène des acteurs qui ne sont pas interchangeables et il est moins question de perfection physique que de jeu. Meret et Uffe, le talentueux Mikkel Boe Folsgaard repéré en Christian VII dans A Royal affair, sont excellents.

Toujours est-il que le spectateur est vite pris au jeu et attend les deux prochains épisodes avec impatience, curieux de voir à quelles horreurs il va encore être confronté