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L'histoire: Quentin vit ses derniers mois de lycée. Un soir, sa voisine, dont il est amoureux depuis toujours, vient troubler sa tranquille existence. Le lendemain, la jeune fille a disparu, laissant des indices permettant de la retrouver derrière elle.

Honnêtement, je m'attendais à ne pas trop aimer et je n'ai pas été déçue. Je devinais plus ou moins que j'aurais un problème avec le personnage féminin, c'est à dire Margo, et ça n'a pas raté. Heureusement qu'elle est absente pendant la moitié du film parce qu'elle mérite une bonne paire de claques. A 18 ans, cette lycéenne n'est pas conventionnelle et tout le monde l'admire pour cela. Comme elle l'avoue à Quentin, elle a su cultiver le mystère qui l'entoure déjà naturellement. Je n'ai rien contre ça, au contraire. Mais quand elle débarque chez Quentin, alors qu'ils ne se parlent plus depuis presque dix ans, pour lui expliquer qu'il est en train de rater sa vie parce qu'il a trop peur de s'écarter de son plan de vie (avoir son diplôme, aller à la fac, devenir médecin), ça m'agace. Je sais que c'est un message destiné aux adolescents pour leur dire qu'ils peuvent passer à côté du bonheur parce qu'ils ne sauront pas le reconnaître ou qu'ils sont souvent aveugles aux petits miracles de la vie. Mais tout de même, a-t-on besoin de construire un personnage aussi antipathique (et bizarrement vénéré par Quentin. L'amour rend aveugle, dit-on) pour le prouver ? Margo accuse Quentin de considérer le monde avec sa vision étroite des choses sans penser une seule minute qu'elle souffre exactement du même syndrome, même s'il est inversé. Et les hôpitaux qui se foutent de la charité, ça m'énerve.

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Pour en revenir à l'intrigue, elle présente Margo à l'occasion d'une virée dans laquelle elle embarque Quentin parce qu'elle a besoin d'un complice pour accomplir une vengeance savamment orchestrée. Son petit ami l'a trompée et elle tient à faire payer tous ceux qui ont pris part à cet infâme complot ourdi contre elle. Mystérieuse, mais puérile, cette nana. Bref, quand elle s'évapore, Quentin embarque sa bande d'amis dans la recherche d'indices pour retrouver sa belle. C'est la meilleure partie du film parce qu'elle se présente sous la forme d'un jeu de piste géant qui permet, en plus de mener l'enquête, aux trois garçons de raffermir les liens qui les unissent déjà. Malgré leurs personnalités un peu caricaturales, j'ai beaucoup aimé Quentin, Radar et Ben parce qu'ils avaient l'air authentiques alors que Margo se donne des airs d'adulte qui sait déjà tout sur le monde. Les trois garçons, surtout quand ils sont ensemble, sont un peu bêtes mais sympathiques, encore un peu enfants par moments. Comme lorsqu'ils se mettent à chanter un générique de dessin animé pour avoir moins peur.

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La présence du mannequin Cara Delevingne au casting était l'un des arguments de vente du film et je n'ai rien à lui reprocher, elle s'en sort plutôt bien, étant donné le caractère épouvantable de son personnage. Nat Wolff est très bien aussi dans le rôle d'un adolescent basique un peu coincé mais les deux n'ont rien de transcendant. Justice Smith aka Radar m'a moyennement convaincue. Au final, celui qui tire son épingle du jeu en révélant un bon potentiel d'acteur est Austin Abrams, le copain qui se cache derrière sa prétendue imbécilité. Il a beau être très irritant, surtout au début, c'est le personnage que j'ai préféré.

La Face cachée de Margo mélange une romance adolescente avec un hybride de polar et de road movie. Il en résulte un film inégal à la morale un peu moisie sur le passage de l'adolescence à l'âge adulte. L'aplomb de Margo quand elle débite ses âneries à Quentin m'a beaucoup agacée parce que je me sentais très proche de lui et j'avais un peu l'impression qu'elle méprisait les gens qui suivaient un plan de vie. Je peux concevoir qu'elle décide de se rebeller contre le système mais elle ne propose aucune solution à Quentin quand elle lui fait comprendre que son projet de vie est naze. Peut-être que j'extrapole un peu trop. Ma référence cinématographique sur le passage d'un âge à un autre reste donc Stand by me. , que je trouve bien plus pertinent