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L'histoire : Un chauffeur de taxi de Los Angeles embarque, sans le savoir, un tueur à gages à son bord. Après un premier arrêt houleux, il est entraîné malgré lui dans la mission meurtrière de son client, sans savoir s'il en ressortira indemne.

Malgré la présence de Tom Cruise, que je ne porte pas dans mon coeur cinématographique, j'avais noté Collateral dans mon carnet de films à voir (oui, j'ai un carnet Moleskine dans lequel j'écris tous les films que me tentent depuis dix ans) parce qu'il semblait sortir de l'ordinaire des polars teintés de thriller. Et pour une grande partie de l'histoire, c'est en effet le cas puisque le scenario réserve quelques bonnes surprises.

Tout commence dans le taxi de Max qui emmène une procureur à son travail, ce qui permet de mettre en place les personnages et leur psychologie. Tout au long de l'histoire, le développement des personnages l'emporte sur le besoin d'action et cela peut paraître parfois bavard, ce n'en est pas moins intéressant. Entre chaque arrêt (sanglant), Max essaie de comprendre les motivations de Vincent, le tueur à gages qui le tient en otage et l'âme de l'assassin se révèle moins noire qu'il le pensait. Chacun explique ses motivations dans la vie, ses rêves,... ce qui construit une personne. En parallèle, on découvre d'autres personnages (dont j'ai oublié les noms, mea culpa) comme le policier incarné par Mark Ruffalo, le chef de gang joue par Javier Bardem et surtout un patron de boîte de jazz. Quand Vincent et Max s'attablent en compagnie de Daniel (Barry Shabaka Henley) pour évoquer avec lui des souvenirs de musiciens connus comme Miles Davis, j'ai été absorbée par la scène qui est parfaitement menée de son introduction à sa conclusion tragicomique.

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Et puis en fin de film, tous les efforts de Mann pour faire de Collateral un film qui ne respecte pas les codes s'effondrent. En l'espace de quelques heures, Max passe du banal chauffeur de taxi au héros qui vise juste mais ne sait pas comment enlever la sécurité d'un revolver. Son audace et son courage menacent la mission de Vincent et une course contre la mort s'engage entre les deux hommes quand l'un veut sauver la cible du dernier contrat et que l'autre veut l'exécuter. Outre le fait que Max tienne tête à un tueur à gages implacable et méticuleux - ce qui paraît légèrement improbable - il y a une énorme incohérence doublée d'un gros cliché qui m'a beaucoup agacée. Max court dans Los Angeles (pas un bled paumé du Texas, on est bien à Los Angeles...), vole un portable pour appeler la cible afin de la prévenir qu'elle est en danger. Et là... Pas de réseau!!! Je n'y crois pas une seconde! Bref, la dernière partie est efficace mais d'un niveau bien inférieur à ce que le film a mis en place depuis le début. Et puis la fin a beau être morale, elle me paraît tellement convenue que c'est décevant.

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En revanche, la bonne surprise vient de Tom Cruise qui sort - ENFIN - de ses rôles habituels. Vincent est un homme sobre, calme, efficace et froid. Par conséquent, Tom n'a pas eu besoin de faire des cascades spectaculaires et peu réalistes et s'est concentré sur son jeu. Certains seconds rôles, par les conversations qu'ils mènent avec Max ou Vincent, sont très intéressants et bien interprétés, malgré leur court passage à l'écran. Je pense à Javier Bardem et Barry Shabaka Henley, que j'ai déjà évoqué.

Globalement, c'est un bon film mais il aurait pu être bien meilleur s'il était resté fidèle à lui-même tout au long de l'histoire. La fin ne coïncide pas avec l'esprit mis en place depuis le début et ne se justifie que pour contenter les spectateurs avides d'action pure.