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L'histoire : Après le suicide d'un de leurs co-détenus, six délinquants sont emmenés sur une île, ancienne base militaire, pour un stage de survie. Très vite, le séjour tourne mal et l'un d'entre eux disparaît.

C'est samedi soir, la semaine a été un peu fatiguante alors je n'avais pas envie de réfléchir. J'ai donc choisi un petit film d'horreur sur Netflix, un peu au hasard; Autant dire tout de suite que Wilderness ne bouleverse en rien les codes du survival et les grandes lignes de l'intrigue sont dessinées dès le début. Une bande de jeune, une menace cachée dans les bois, des disparitions, des retrouvailles sanglantes... Cela dit, cette production britannique n'est pas dépourvue d'un certain charme et je n'ai pas boudé mon plaisir.

Le premier bon point vient du lieu dans lequel se tient la majorité de l'histoire. C'est une île d'aspect un peu rude mais pas particulièrement hostile. Il y a quelques falaises escarpées battues par le vent, mais aussi des petites plages et le centre boisé n'a rien d'effrayant. Le paysage typiquement britannique est vraiment joli et la beauté de cette nature est assez souvent captée à l'écran.

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Deuxième bon point: les personnages. Comme je l'ai dit, c'est un film made in Great Britain et cela se ressent dans la construction de l'intrigue. Bien sûr, il faut respecter le genre horrifique, mais rien n'oblige à aligner les clichés. Nous n'avons donc pas d'écervelée à gros seins, ni de sportif un peu concon et de nerd spécialiste des slasher movies. Les délinquants présents sur l'île ont tous mérité leur place en prison et aucun d'entre eux ne dissimule un coeur d'or. Leur superviseur annonce juste qu'il y a un tueur, un psychopathe, un violeur, un braqueur et un trafiquant de drogues ; et c'est au spectateur de déterminer qui a fait quoi. Ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est que leur nature profonde n'est pas effacée par la peur. Ils n'agissent pas à l'encontre de ce qu'ils sont pour devenir des héros et le sadisme de certains est même exacerbé par la situation. Leurs préoccupations sont très pragmatiques et chacun ne songe qu'à sauver sa peau, quitte à laisser quelqu'un mourir pour cela. Les jeunes acteurs choisis pour incarner cette bande de joyeux lurons me sont totalement inconnus, à part Toby Kebbell (qui a tellement de potentiel grâce à son charisme!) mais ils sont assez bons.

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Wilderness comporte aussi son lot de passages un peu gores assez réussis et l'utilisation de l'hémoglobine, bien qu'un peu exagérée, reste plutôt crédible. Que ce soit pour le décor, les personnages, ou même les tueries, il y a une sorte d'authenticité qui repose des trucs américains, souvent trop sanglants, trop cons, trop prévisibles, trop tout. Je ne dis pas que Wilderness est un chef d'oeuvre, loin de là... La fin perd un peu en rythme et n'a rien de surprenant. La dernière image est un copier-coller de tous les films qui se passent sur une île et m'a très fortement rappelé Battle Royale. Mais bon, c'est samedi soir alors je suis d'une surprenante indulgence et puis je mentirais si je disais que je me suis ennuyée.