Un Prophète de Jacques Audiard avec Tahar Rahim, Niels Arestrup, Adel Bencherif
Malik El Djebena n'a que dix-neuf ans lorsqu'il est condamné à six ans de prison. Dans la Centrale où il est enfermé, il est isolé et à la merci des autres détenus. Pour survivre, il devient le larbin d'un groupe de Corse qui contrôle une grande partie du monde carcéral.
Film extrêmement instructif sur les conditions d'incarcération françaises où les structures sont aussi délabrées que les hommes qui y vivent. Le scénario ne tombe pas dans le documentaire en nous proposant un thriller sur l'ascension de Malik, jeune illettré qui fait chuter toute l'organisation de la "mafia carcérale". L'image est propre; le rythme est assez soutenu, c'est de très belle facture.
A noter les deux excellents acteurs principaux: Tahar Rahim (qui commence à avoir une jolie carrière internationale) et Niels Arestrup. Le premier nous offre une palette d'émotions qui vont de l'émerveillement de prendre l'avion pour la première fois à la froide implacabilité du nouveau maître de la Centrale, en passant par l'horreur des crimes commis. Le second joue parfaitement le rôle d'un homme qui ne voit pas qu'il est en train de chuter.
Un film donc assez dur et violent mais pas le film coup de poing auquel je m'attendais. Avec toute la série de récompenses (méritées cela dit) qu'il a obtenues, je m'attendais à recevoir une claque aussi puissante qu'avec Dog Pound mais Kim Chapiron a mis la barre vraiment très haut. Un Prophète ne démérite pas et je le recommande, mais courez voir Dog Pound qui est beaucoup plus noir et tragique.
Dark Shadows de Tim Burton avec Johnny Depp, Michelle Pfeiffer, Helena Bonham Carter, Eva Green
Barnabas Collins, né à Liverpoole, s'est installé en Amérique avec ses parents où ils prospèrent grâce à la pêche. Lorsqu'il brise le coeur d'Angélique Bouchard, il ne se doute pas qu'elle va transformer sa vie en cauchemar. Angélique est une sorcière qui maudit la famille Collins et transforme Barnabas en vampire. Enterré par ses concitoyens, il est libéré deux siècles plus tard, en 1972, et découvre une vie totalement différente de celle qu'il a connue.
J'entends déjà les cris de déception de nombreux fans et critiques cinémas: "c'est un navet", "Tim Burton peut mieux faire", "C'est toujours la même chose"... C'est certain que ce n'est pas le film de Burton le plus innovant et inattendu mais j'ai passé un très bon moment. On retrouve le monde oxymorique (je ne sais pas si ce mot existe) de Burton: un monde sombre, baroque et effrayant en côtoie un autre coloré, drôle et grotesque.
Le personnage de Barnabas m'a fait beaucoup rire dans sa découverte du monde moderne ("Sors de là, ménestrelle liliputienne!" crie-t-il devant la télévision). Son rang social l'oblige à adopter une certaine tenue et ses insultes sont des petits bijoux. Comme toujours, Johnny Depp est impeccable. Autour de lui gravitent d'excellents acteurs: Michelle Pfeiffer en châtelaine hautaine mais très classe, Helena Bonham Carter en psychiatre alcoolique ou encore Eva Green en sorcière machiavélique un brin psychopathe.
La musique est assez bien choisie pour un 70's revival avec en excellente surprise une petite prestation d'Alice Cooper.
On peut penser que Burton tombe dans la facilité en reprenant des thèmes qui lui sont récurrents dans un univers que l'on commence à cerner. Je ne suis pas de cet avis et j'apprécie ce qu'il nous présente avec Dark Shadows. C'est un film amusant qui joue avec les clichés vampiriques et les références burtoniennes; l'image est belle, la musique est bonne et il finira dans ma DVDthèque!
Le Prénom d'Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte avec Patrick Bruel, Charles Berling, Valérie Benguigui
Vincent est invité à dîner chez sa soeur Elizabeth et son beau frère Pierre, chez qui se trouve déjà Claude, leur ami d'enfance. En attendant l'arrivée de sa femme, éternellement en retard, il essaie de faire deviner le prénom de son futur enfant et sa révélation du prénom va plonger la famille dans le chaos.
Je n'ai pas vu la pièce de théâtre mais il me semble que le film en est une excellente adaptation. Le rythme des dialogues est très soutenu et les répliques ne cessent de fuser; il n'y a aucun temps mort, comme au théâtre. De plus, le format permet d'introduire un système narratif assez sympa en début et fin de film. C'est vraiment très drôle. Les dialogues font mouche, les situations sont coquasses, et l'ensemble est empreint d'une certaine finesse qui n'est pas désagréable.
Les acteurs sont très bons, même Patrick Bruel, mais ma préférence va à Charles Berling et Guillaume de Tonguédec qui sont tous les deux formidables. J'aime beaucoup Valérie Benguigui mais on dirait qu'elle se pense au théâtre et donc elle hausse tout le temps la voix, même quand elle parle sur un ton normal, et elle dérive dans le surjeu.
A voir! et à revoir!
The Avengers de Joss Whedon avec Robert Downey Jr, Chris Evans, Mark Ruffalo, Chris Hemsworth,
Quand Loki revient sur terre pour voler le Cube Cosmique, Nick Fury, directeur du S.H.I.E.L.D, convoque les meilleurs super héros pour sauver la planète. Cependant, il ne suffit pas de rassembler Iron Man, Thor, Hulk, Captain America, Hawkeye et Black Widow pour obtenir une équipe sans failles.
Du grand spectacle! C'est un blockbuster à l'américaine qui fonctionne très bien. Tous les ingrédients sont là: 5 ou 6 beaux gosses ultra musclés (Captain America et son collant ça vaut le détour), une nana bien roulée, de l'humour, des cascades, et une ville détruite... Mon seul et unique bémol, c'est encore du point de vue du scénario, je n'ai pas trop compris la conversation entre Loki et Black Widow et certaines subtilités scientifiques. Cela dit, ce n'est pas du tout un handicap pour saisir le reste du film.
Je pense que la force des films Marvel (contrairement aux adaptations DC Comics - j'ai enfin compris la différence), c'est l'humour. Dans The Avengers, les piques fusent et Tony Stark est insolent à souhaits. Dans leur genre un peu démodé, Thor et Captain America sont eux aussi assez drôles.
Les effets spéciaux sont magnifiques, il faut le dire, surtout quand ils ruinent une grande partie d'une ville (New York je crois).
En résumé, c'est très plaisant à voir
Le sourire de Mona Lisa de Mike Newell avec Julia Roberts, Kirsten Dunst, Julia Stiles, Maggie Gyllenhaal
En 1953, Katherine Watson intègre la prestigieuse école pour filles de Wellesley pour y enseigner l'histoire de l'art. Sa liberté d'esprit contraste avec l'atmosphère puritaine de l'établissement et elle apporte un vent de liberté sur des jeunes filles prises dans les filets de moeurs dépassées.
Je me souviens avoir été attirée par la bande annonce du film et en parallèle, j'ai entendu beaucoup de critiques négatives, donc je ne savais pas trop quoi penser de ce film. Maintenant que je l'ai vu, je vais encore une fois aller à l'encontre de la critique qui a été un peu dure avec Le sourire de Mona Lisa. Certes, il est sans doute moins brillant que Le Cercle des poètes disparus, mais ça reste un film plus que regardable. Et comme pour Magdalen Sisters, je pense qu'il faut être une femme pour l'aimer.
En ce qui me concerne, je l'ai trouvé charmant. Julia Roberts et ses collèges (même Kirsten Dunst) sont pleines de simplicité et de fraicheur qui rendent le film agréable malgré un sujet plus grave: le conditionnement des femmes dans les 50's. Katherine Watson incarne la voix de la modernité à travers son attitude et son goût pour la peinture moderne (Picasso et Pollock) et aide ses élèves à prendre conscience qu'elles ne sont pas forcément destinées à être femmes au foyer. Le ton reste assez léger et je ne me suis pas du tout ennuyée devant les histoires différentes des cinq principaux personnages. Un film qui a toute ma sympathie!
Ned Kelly de Gregor Jordan avec Heath Ledger, Orlando Bloom, Rachel Griffiths
Edward Kelly, dit Ned, est un jeune irlandais, fils d'immigré, vivant en Australie. Victime d'un policier mal intentionné, il fait trois ans de prison. Peu après sa sortie, en proie à l'acharnement de la police, il devient l'ennemi public numéro 1 et fonde un gang avec son frère Dan, Joe Byrne et Steve Hart.
Je pense que le film aurait mérité d'être plus ambitieux. Avec la personnalité de Ned Kelly et Heath Ledger en acteur principal, ça ne relève pas de l'impossible. C'est plaisant mais un peu fadouille et lent. J'attendais de grandes chevauchées dans de superbes paysages, des fusillades, un western haut en couleur. Le résultat est loin d'être déshonorant mais il manque de passion et de rythme. Il est un peu terne. Par exemple, la lutte entre Anglais et Irlandais est bien montrée par l'animosité entre les constables et la famille Kelly, ou suggérée par des sarcasmes mais elle n'est pas assez accentuée.
J'ai eu l'impression que les personnages avaient peu ou pas de sentiments et que les situations se succédaient d'un point de vue totalement objectif, ce qui laisse le spectateur au bord de la route. Par contre, les dernières minutes et l'ultime fusillade sont palpitantes.
Les acteurs sont sous exploités. Le gang de Ned Kelly est composé de 4 hommes et bizarrement, on se rend compte que le quatrième existe seulement à la fin.
Un film inégal et c'est bien dommage, parce qu'il aurait pu être génial.
Monte le son émission présentée par Gaël Leforestier
Tous les mercredis, Gaël Leforestier et son équipe de chroniqueurs font le point sur l'actualité musicale.
Puisque je me suis lancée dans les émissions avec Métronome, autant continuer. Je préfère le dire tout de suite, je n'ai pas une oreille musicale hyper développée, j'écoute à peu près tous les genres mais je n'ai aucune culture.
C'est là qu'intervient Monte le son. J'ai tout de suite accroché au ton impertinent, à l'ambiance chaleureuse et à la montagne de références et de connaissances des chroniqueurs. Sur le plateau, assis dans des fauteuils que j'aimerais bien piquer (enfin depuis mercredi, plus de fauteuils mais un comptoir maronnâsse un peu mochedingue) nous retrouvons Philippe Manoeuvre ("Salut les kiiiiiids" désolée, ça m'a échappé), Jasmine Roy - qui est toujours intéressante et pertinente, j'aime beaucoup, Cédric Couvez - j'aime bien sa personnalité mais pas ses goûts musicaux, Stéphane Basset, Alex Fighter, Dorothée Kristy et depuis peu Valery Zeitoun et Steven Bellery. Le tout est administré par le sympathique Gaël Leforestier.
Au début, je dois avouer que j'étais un peu paumée quand on m'annonçait que l'album de la semaine était ceux de Mc Luvin ou Rover, mais le ton n'est pas trop élitiste et on commence vite à prendre des repères (même si je n'aime pas les albums de la semaine ou les coups de coeur des chroniqueurs la majorité du temps parce que je les trouve trop conceptuels voire parfois chiants. Mais tout dépend de quel chroniqueur vient le coup de coeur. Par exemple, celui de Jasmine Roy de mercredi est le nouvel album de Rufus Wainwright, et j'adhère. Celui de Cédric Couvez était pour Singtank, le genre de soupe que je ne peux pas digérer). Du coup, je n'écoute pas forcément tout ce qui nous est présenté, mais je me sens moins bête.
Il y a aussi plein de chroniques sympa comme le "Pourquoi c'est culte" ou le "Buzz en ville" qui permettent aux béotiens comme moi de comprendre ce qui se passe de temps en temps.
En conclusion, je regarde surtout pour l'atmosphère générale de l'émission et parce que la force de ce programme sont ses chroniqueurs. Quand ils n'aiment pas, même si l'artiste est en face d'eux, ils ne mâchent pas leurs mots. Et puis, j'y ai découvert quelques pépites comme Bernhoft et son C'mon Talk:
Bernhoft - C'mon Talk (Official Video)
Sur la piste du Marsupilami de et avec Alain Chabat, Jamel Debbouze, Lambert Wilson, Fred Testot
Dan Geraldo est un journaliste qui n'a plus la côte. Il est envoyé en Palombie à la recherche du scoop qui fera rebondir sa carrière. C'est ainsi qu'il se retrouve en plein milieu de la jungle avec un guide/vétérinaire pour vivre une aventure totalement absurde et extraordinaire.
Je vais m'accorder au flot de bonnes critiques concernant ce film, puisque c'est une excellente comédie, dans l'esprit des Nuls et d'Astérix et Obélix mission Cléôpatre. On rit énormément, et il faudrait voir ce film plusieurs fois pour saisir la moindre subtilité, que ce soit dans les dialogues ou dans les décors (par exemple, qui a vu le lama garé avec les vélos?)C'est un film familial où tout le monde s'amuse (mais pas forcément aux mêmes moments; j'ai souvent ri toute seule).
De plus, il y a parmi nous des gens que Jamel Debbouze humoriste laisse de marbre, voire qui font vite une overdose de son humour. C'est sans compter sur Alain Chabat qui sait parfaitement l'employer et qui le rend très drôle, et parfois touchant.
Il y a aussi une scène magnifique et hilarante qui va faire de la concurrence à la" Carioca" de La Cité de la peur dans laquelle Lambert Wilson casse totalement son image, pour notre plus grand plaisir! Cette scène va devenir culte!
Métronome, émission présentée par Lorànt Deutsch
Fier du succès de ses deux livres racontant Paris au gré des stations du Métro, Lorànt Deutsch nous propose un nouveau format pour Métronome; à savoir 4 émissions de 52 minutes diffusées sur France 5 nous racontant chacune 500 ans de l'histoire de Paris à travers des images numériques, des reconstitutions,...
Une fois n'est pas coutume je vais parler d'une émission télévisée! Métro + Paris + Histoire + Lorànt Deutsch = excellente équation et le résultat est à la hauteur de mes espérances.
Au début, la 3D un peu cheap peut surprendre, de même que les perruques en crin de cheval, mais l'indéniable talent de conteur du présentateur nous fait vite oublier ces détails futiles (et puis je suppose que le budget de l'émission est assez limité) pour nous plonger dans l'histoire de la plus belle ville de France. Lorànt Deutsch a ralenti son débit pour nous permettre de le suivre dans les méandres de Paris et de l'Histoire. L'épisode d'aujourd'hui montrait la construction de Lutèce entre romains et gaulois, puis le début de l'implantation franque, en passant par la christanisation de la population.
L'émission s'adresse à tous les publics; c'est suffisamment ludique pour les enfants mais pas bêtifiant pour les adultes. J'ai appris deux ou trois choses que je ne savais pas du tout. Les images de synthèse permettent de comparer ce qu'il reste aujourd'hui des arènes de Lutèce, des thermes de Cluny, etc. avec ce que ces bâtiments étaient. Les plans et maquettes de la ville permettent de se repérer facilement, même pour les quiches de l'orientation comme moi. J'ai passé un bon moment devant ma télévision, sans perdre aucun neurone.
Ce que je trouve dommage, c'est de devoir attendre la semaine prochaine pour pouvoir regarder le prochain épisode ^^.
Inside Man de Spike Lee avec Denzel Washington, Clive Owen, Jodie Foster, Willem Dafoe
Un commando masqué et vêtu de combinaisons entre dans une banque et prend une cinquantaine de personnes en otage pour commettre le hold up parfait. Keith Frazier est chargé de négocier avec le cerveau du groupe.
Très audacieux, avec un scénario bien ficelé, parfois même brillant. ça manque un peu de rythme par moments, c'est dommage parce que ça plombe parfois l'intrigue. Les scènes à l'intérieur de la banque pendant la prise d'otage sont parfaites mais les scènes d'extérieur avec Jodie Foster et Denzel Washington ne sont pas toujours pertinentes; ça gache un peu l'effet de suspense.
Les trois acteurs principaux font du bon travail mais sans plus. La difficulté pour Clive Owen est d'être masqué pour la plupart de ses scènes donc il a dû jouer différemment pour faire passer plus d'émotion ou autre (je répète ce que j'ai pu lire ou entendre en interviews parce que moi je n'ai pas vraiment vu de différence.)
J'ai un énorme bémol pour les costumes vraiment à chier de Denzel Washington et Jodie Foster. Le film date de 2006 et on se retrouve avec des looks affreux des 80's.
A voir au moins une fois pour l'excellente chute.
