worldsendGary King se souvient parfaitement du plus beau jour de sa vie: le jour où, après avoir terminé le lycée, il a entamé avec ses meilleurs amis une tournée mythique des pubs d'une petite bourgade, le "Golden Mile". Depuis, il vit avec le regret de n'avoir pu terminer ce "barathlon" et près de vingt-cinq and plus tard, il débarque dans la vie paisible de Steven, Andy, Oliver et Peter pour les emmener dans une folle tournée des bars.

Après les mythiques Shaun of the Dead et Hot Fuzz, le dernier film composant la trilogie "Cornetto" était attendu au tournant! J'avoue que les premières minutes m'ont fait peur. Outre la très efficace introduction des personnages adolescents, j'ai trouvé que l'intrigue se trainait, je ne voyais pas comment le propos allait sortir des rails. Je dois quand même reconnaître que ces quelques longueurs sont un peu gommées par la géniale interprétation de Simon Pegg, qui incarne Gary King, un quarantenaire alcoolique, survolté et immature bloqué dans les années 1990. Gary King est une véritable plaie pour ses amis qui ne peuvent pourtant pas s'empêcher de le suivre dans ses délires mégalo. La première partie se concentre sur la relation entre les personnages qui ne se sont pas vus depuis des années mais aussi sur leur retour aux sources, à savoir la ville de Newton Heaven. Le premier mouvement est donc plus axé sur la psychologie des personnages, cinq hommes qui errent de pub en pub en proie à la nostalgie des bitures adolescentes. Au gré des différentes rencontres, on en apprend plus sur certains personnages, ce qui leur donne un peu de profondeur alors qu'ils sont des stéréotypes.

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Et puis lentement, mais surement, le film bascule dans une sorte de grand n'importe quoi savamment orchestré lorsque Gary King découvre que la ville a été envahie par des robots qui ont peu à peu remplacé tous les habitants. Au lieu de fuir comme tout être humain normalement constitué, il persiste dans son "Golden Mile", décidé à boire une pinte dans douze pubs, coûte que coûte. Ce périple nous offre de nombreuses séquences croustillantes, surréalistes et extrêment drôles, le tout emballé dans un humour so british qui ne tombe jamais dans le vulgaire.

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Comme je le disais plus haut, c'est un film qui fait la part belle à Simon Pegg. Vêtu de noir et chaussé de Docs, l'acteur nous prouve qu'il n'est pas un guignol déguisé en rebelle. Son personnage est un raté qui s'agite et choque pour mieux cacher ses faiblesses et il parvient à intercaler de touchants moments de sincérité entre deux scènes outrancières, sans pour autant plomber le film. Son fidèle compagnon Nick Frost est également présent, dans un rôle un peu plus banal qui équilibre le trop plein d'énergie dégagé par son complice. Les autres acteurs ne sont pas en reste et même la demoiselle en détresse, à savoir Rosamund Pike, nous fait beaucoup rire.

Le seul reproche qu'on puisse faire à ce film, c'est son léger manque d'originalité. C'est le même esprit que dans les deux précédents opus, les mêmes leviers qui construisent l'histoire. Et en même temps, il faut bien avouer que c'est diablement efficace. Cela dit, je trouve que situer l'histoire dans des bleds paumés est bien pensé parce qu'on plonge très facilement dans une ambiance à la fois rustique et typiquement anglaise qui se prête parfaitement aux délires à venir, qu'ils soient à base de zombies, de complots ou de robots.