18458816_jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20051116_024833Vincent Freeman rêve d'aller dans l'espace depuis qu'il est enfant. Véritable enfant de l'amour, sa séquence génétique est trop imparfaite pour lui permettre d'intégrer Gattaca, un centre d'études et de recherches spatiales. Prêt à tout pour accomplir son rêve, il prend alors l'identité de Jerome Eugene Morrow, jeune homme à la génétique impeccable cloué dans un fauteuil roulant.

Tout d'abord, le propos est très intéressant puisqu'il présente un monde où le hasard n'a pas sa place, où le destin est soumis à la génétique. Vincent, dont l'espérance de vie ne serait que de 30 ans à cause d'une faiblesse cardiaque, est condamné à n'appartenir qu'à une sous catégorie de la population. Quant à Jerome, éternel second malgré une perfection génétique, vit son potentiel comme un fardeau; une source d'éternelle souffrance.

Le deuxième aspect du film montre à travers l'obstination et la force de volonté de Vincent qu'à coeur vaillant rien d'impossible, malgré le danger de la situation, la douleur de la transformation, les épreuves passées et à venir...

Pour finir, on a ici une très belle brochette d'acteurs. Ethan Hawke est impeccable et Uma Thurman est presque attachante (j'ai un peu de mal avec cette actrice) mais la révélation du film c'est Jude Law (et pourtant je n'ai pas l'habitude de lui faire des compliments). Il est sublime, très sobre dans sa détresse. Jerome est un personnage profondément tragique, voué à l'autodestruction (via le tabac et l'alcool mais aussi par ses tendances suicidaires). Sous des dehors aimables, drôles et un poil sarcastiques, il est très troublé et seule la présence de Vincent à ses côtés le maintient en vie. C'est là tout le paradoxe du dénouement: le bonheur de l'un est fatal à l'autre, et je pense qu'au fond d'eux, Vincent et Jerome le savent.

Bon film dont je me souviendrai comme celui où j'ai été absolument subjuguée par Jude Law!